|
MINEURS FORCE OUVRIERE QUELQUES SCISSIONS SYNDICALES En 1939, la CGT a connu une nouvelle scission syndicale, provoquée par les différends entre les militants d'obédience communiste qui approuvaient le Pacte germano-soviétique et la tendance des militants défendant l'autonomie et l'indépendance vis à vis des politiques, des patrons et des églises. Ces différends obligeant la CGT à modifier ses actions, les rapports des deux tendances se sont détériorés et cela a provoqué la scission syndicale en 1947. Pendant la période d ' occupation du territoire français, un mouvement de résistance s ' est créé avec les militants syndicalistes indépendants qui n'avaient aucune liaison, ni avec les communistes, ni avec les syndicats vichyssois. Celui-ci s'est appelé “ Mouvement Ouvrier Français ”, son journal clandestin était intitulé “ Résistance Ouvrière ”. A la libération, les deux tendances reconstitueront leur unité, mais les militants de Résistance Ouvrière, dont on savait leur esprit d'indépendance, protestaient contre la mainmise du parti communiste sur tous les postes de direction des syndicats, des unions locales et départementales. Cette situation ne pouvait pas durer. Il convenait de se préparer à une nouvelle scission syndicale. Il était indispensable de regrouper tous les militants et adhérents de la CGT qui n'acceptaient pas l'emprise communiste. Ce regroupement des travailleurs minoritaires noyés et éparpillés dans les syndicats, disposaient du journal qui avait à la libération le titre de “ Force Ouvrière ”, journal destiné à faire échec à la presse communiste “ La vie ouvrière ”. La diffusion de ce journal s'est étendue dans presque tous les secteurs d'activités, y compris dans les mines des Charbonnages, de fer, des potasses d ' Alsace, des Ardoisières, des bauxites du Var. GREVE DE 1947
Pendant cette grève déclenchée par les cellules communistes, en violation des décisions du Comité confédéral CGT, les militants F.O. se sont efforcés d'expliquer aux masses ouvrières l'illégalité syndicale de cette grève. Evidemment, les communistes n'ont pas apprécié ce travail et il s'en est suivi des exactions, des injures, des brutalités dont de nombreux militants ont été victimes. A titre d'exemple parmi bien d'autres, dans le Bassin du Nord / Pas de Calais, notre camarade Charles MOREL a été défenestré du bureau syndical avec brutalité. Suite à ces comportements, quelques militants non communistes qui n'avaient pas encore pris la décision d'abandonner la CGT, sont venus prendre leur carte syndicale à Force Ouvrière. GREVE DE 1963
Elle a été déclenchée par F.O. et la CFTC. Le jeudi 28 février 1963, le décret de réquisition des mesures est paru comme prévu au Journal Officiel. Les mineurs de Lorraine ne sont pas impressionnés par celui-ci et ils démarrent leur grève avec force et de façon illimitée, seule manière devant faire reculer le gouvernement. Le samedi 9 mars, au terme des négociations, André AUGARD, Secrétaire général de la fédération des mineurs F.O. lance une idée: “la création d'un comité de sages”. Il a également engagé les adhérents, les militants de l'ensemble de la profession à se joindre à ce mouvement d'ampleur nationale. Cette grève nationale dura un mois. Le gouvernement Pompidou désignera un comité de sages. Le 18 mars 1963, FO remettait un document démontrant que les salaires des mineurs accusaient un retard d'au moins 11 % par rapport à ceux pratiqués dans d'autres secteurs industriels équivalents. Le 2 avril, les représentants des syndicats se sont réunis au siège des Charbonnages, avenue Percier à Paris, après des dures négociations. Un protocole d'accord est paraphé par les deux parties. Les mineurs ont obtenu 12,5 % d'augmentation des salaires, le paiement d'une quatrième semaine de congés, une prime de 200 F et en sus, la convocation d'une table ronde sur l'avenir des Charbonnages. AUTRES CONSIDERATIONS SUR LE PLAN EUROPEEN La croissance économique de la communauté a entraîné, à partir de la première crise pétrolière, un espoir de produire plus. Hélas, cette tendance s'est avérée perdue d'avance. Le charbon qui a constitué autrefois un facteur primordial d'industrialisation n'a pas maintenu cette position dominante, d'autres énergies sont apparues tels que le gaz et les produits pétroliers qui modifient particulièrement la prédominance qu'avait le charbon jusqu'aux années 1950. La communauté a vu se renforcer sa dépendance à l'égard des pays tiers. Entre 1973 et 1974, la communauté des 6 pays couvrait par ses importations presque deux tiers de ses besoins en énergie primaire contre 15 % en 1953. Les recommandations de la CECA ont conduit à : - l'abandon des gisements difficiles à rendement trop faible, - l'accroissement des rendements individuels et collectifs, - des dispositions tendant à ralentir la progression des rémunérations des personnels des houillères. Les décisions 3/65 et 3/71 de la CECA ont eu les conséquences suivantes : - La production a été déplacée vers les sièges d'extraction les plus rentables, - La production a été alignée sur les conditions du marché, - Les problèmes régionaux et sociaux ont été largement évités. En France, les méthodes d'exploitation des gisements miniers ont évolué. Des investissements importants ont été dégagés par les Charbonnages de France. Hélas, cette politique n'a pas réduit les problèmes d'écoulement de la production charbonnière française. Il est procédé à des fermetures de puits de mine à l'échelle des Bassins. PACTE CHARBONNIER
En 1994, FO a signé avec l'ensemble des organisations syndicales sauf la CGT, le Pacte Charbonnier . Cet accord permet à l'ensemble du personnel des Charbonnages de France de faire valoir leurs droits dans l'entreprise et de vivre dignement leur préretraite. Ce document est très important car, y compris les plus jeunes, malgré un arrêt de l'extraction programmé en 2005 en France, pourront, s'ils le désirent, rester à l'effectif jusqu'à une mesure d'âge, ils seront en congé charbonnier de fin de carrière. Notre objectif aujourd'hui, c'est d'assurer dans les régions minières le développement de l'industrialisation afin que nos descendants puissent continuer à travailler dans la région qui les a vus naître. L'industrialisation est également un volet du Pacte Charbonnier que nous avons du mal à faire appliquer, cela n'est certes pas dû à la volonté des hommes, mais surtout à la situation apocalyptique des régions minières qui, pour les principales d'entre elles, sont enclavées. La fédération nationale des mineurs Force Ouvrière a été l'une des premières à être créée au sein de la Confédération Générale du Travail F.O. Janvier 1948 : Le premier congrès fédéral des mines et assimilées Force Ouvrière a eu lieu et le secrétaire général élu fût Noël SINOT, originaire de Carmaux. Il fût à l'initiative de l'adhésion des mineurs ouvriers à une caisse de retraite complémentaire, la CARCOM. Octobre 1961 : André AUGARD, originaire de la région de Montceau les Mines lui succéda lors du congrès fédéral de Lille. Février 1968 : Charles CORTOT, originaire de la région de Gardanne, fut élu troisième secrétaire général de la fédération des mineurs à l'occasion du congrès fédéral qui se déroula à Paris. Octobre 1980 : Le camarade René MERTZ, natif de la région lorraine lui succéda. Mars 1993 : Roland HOUP, lors du congrès fédéral, remplit cette fonction à son tour. Décembre 1999 : Le dernier secrétaire général de la Fédération Nationale des Mineurs Force Ouvrière fut le camarade Bernard FRAYSSE. La Fédération Nationale des Mineurs et assimilés fut dissoute le 20 juin 2000 au congrès extraordinaire de Pau. Une fusion a eu lieu entre la Fédération Nationale des Mineurs et la Fédération Nationale de l'Electricité et du Gaz sur décision commune des deux fédérations. La Fédération Nationale de l'Energie et des Mines Force Ouvrière (FNEM-FO) dont le secrétaire général est Gabriel GAUDY, est créée. Compte tenu des particularités relatives au mineurs et assimilés, le Syndicat Général des Mines voit le jour et fonctionne dans le cadre de cette structure.
|