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Quand nous regardons une carte, et si nous mettons de côté la Suisse dont on vient de parler, nous voyons bien que la Belgique et l’Espagne sont les deux pays frontaliers dans lesquels EDF n’est pas encore solidement présent d’où les velléités d’EDF de s’y implanter. Et pourtant, les tentatives d’EDF de s’y renforcer ont échoué cette année. - En Belgique, EDF a essuyé deux échecs majeurs.
Le premier concerne la société de gaz belge Distrigaz. Celle-ci devait être cédée par le nouveau groupe GDF SUEZ suite à une demande de la Commission de Bruxelles comme condition à son acceptation de cette fusion. Il avait parfois été dit, en tout cas, beaucoup l’avait compris dans l’entreprise, qu’EDF avait vocation à reprendre cette entreprise comme étant une sorte de lot de consolation pour EDF. Et pourtant, cela n’a pas eu lieu puisque Suez a négocié avec la société italienne ENI… avec un prix très légèrement supérieur à celui proposé par EDF… Le second concerne la société électrique SPE. Celle-ci est le second acteur belge et Gaz de France était contraint de céder sa participation de 25% par la Commission Européenne pour les mêmes raisons que Distrigaz. Là encore, EDF était sur les rangs mais elle s’est fait souffler cette entreprise par le britannique Centrica qui possède aussi 25% de cette société et qui disposait d’un droit de préemption en cas de vente par Gaz de France de sa participation. Il faut dire que la situation était ubuesque. Car la valeur de SPE dépendait pour partie d’une décision du gouvernement belge qui, pour des raisons de concurrence propres à la Belgique, avait décidé d’obliger le 1er électricien belge (Electrabel du groupe SUEZ) à céder des capacités nucléaires à SPE. Sauf que Suez avait réussi à imposer que cette cession ne puisse pas bénéficier à un opérateur détenant déjà des actifs nucléaires… Cette clause concernait EDF et EDF seulement, et elle était ouvertement discriminatoire. Mais elle a eu les effets escomptés ! FO Energie et Mines constate donc que SUEZ s’est remarquablement sorti de cette affaire puisque le Gouvernement Français, au mépris des engagements pris par Nicolas Sarkozy, lui a cédé Gaz de France, tandis qu’EDF a été « le dindon de la farce ». Qu’en sera-t-il de l’engagement de ce même Gouvernement Français pris envers EDF en 2006, de maintenir celui-ci comme seul exploitant du parc nucléaire en France, lorsqu’il s’agira d’attribuer le second EPR ? Il reste également peut-être une opportunité pour EDF de récupérer la moitié de SPE à l’occasion d’un « deal » global qui pourrait avoir lieu avec Centrica si celui-ci devait acquérir 25% de British Energy. Mais là encore, rien n’est certain et au moment où ces lignes sont écrites (23/12/2008), tel est l’état précis de la situation. - En Espagne, la situation a été encore plus rugueuse.
Ce pays connaît actuellement des grandes manœuvres énergétiques. L’une des sociétés « courtisées » est Iberdrola. Celle-ci a mené une campagne contre EDF, en l’accusant de vouloir lancer une OPA avec l’aide d’un acteur espagnol. Tout cela s’est terminé en justice avec un engagement d’EDF de ne «pas prendre une position significative» dans ce groupe espagnol. Exit donc pour le moment l’Espagne.
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