FO Energie et Mines - Actus des IEG

La lettre CHSCT n°23

Le risque gaz (gaz naturel ou de pétrole)
Le travail au froid

Télécharger les lettres CHSCT

La Lettre Egapro

Actualité de l’Égalité Professionnelle

dans les Industries Électriques et Gazière

Accedez La lettre Egapro N°1


Accueil
Le nucléaire international Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Image

  • Une année mouvementée

 

La stratégie d’EDF à l’international dans les quatre pays cibles est fondée à la fois sur son rôle dans la construction de nouvelles centrales EPR(1) en tant qu’architecte ensemblier, mais aussi, ce qui est nouveau, dans sa volonté de prendre des participations -variables selon les pays- dans les sociétés qui vont exploiter ces centrales. Comme on l’a déjà indiqué, la perspective de contrats en Afrique du Sud s’est éloignée du fait de la crise économique. Ne reste donc à aborder que la Chine, le Royaume-Uni et les USA.

  • Le PER en Chine

 

Si nous reprenons chronologiquement les évènements, il faut souligner que c’est en août 2008 qu’EDF a signé en Chine un contrat portant sur 2 EPR avec l’entreprise CGNPC et a pris 30% du capital de la société qui va exploiter ces deux centrales. Le marché chinois est un marché porteur et EDF a déjà une expérience réussie de partenariat avec CGNPC. Jacky CHORIN administrateur FO a donc approuvé cet accord qui correspond aux 3ème et 4ème EPR en construction dans le monde après celui d’Areva en Finlande et d’EDF à Flamanville.

Image

  • Le rachat de British Energy

 

Le second développement concerne British Energy, entreprise dont le Gouvernement anglais a décidé en début d’année de céder les 35% de capital qu’il détenait encore obligeant l’acquéreur de cette participation, du fait de la législation britannique, à lancer une OPA sur les 65% de capitaux restants détenus par des actionnaires privés. Ce sujet a fait couler légitimement beaucoup d’encre. Car la stratégie affichée par EDF en début d’année consistait seulement à se positionner pour construire plusieurs EPR et non pas à acquérir du nucléaire existant. C’est le gouvernement britannique qui a imposé au repreneur, pour obtenir des terrains constructibles, d’acheter British Energy tout en exigeant en même temps de l’opérateur gagnant des cessions de terrains pour qu’une concurrence puisse s’exercer... On comprend dans ces conditions que le débat ait été long (six Conseils d’Administration d’EDF ont été consacrés à cet investissement) et souvent passionné.

Plusieurs raisons expliquent ces réactions : d’abord, pour la première fois, EDF rachète un parc nucléaire existant composé au surplus de centrales anciennes à l’exception d’une d’entre-elles couplée en 1995 ; ensuite, parce que le prix d’achat est jugé par tous les acteurs et notamment par FO comme étant beaucoup trop élevé. Il s’élève, en effet, à près de 15,7 milliards d’euros ! Certes, cette acquisition renforce le poids d’EDF au Royaume Uni en complément d’EDF Energy, laquelle n’avait jusqu’alors pas suffisamment de production. En outre, EDF a obtenu du gouvernement anglais la garantie de pouvoir construire 4 EPR sur des terrains adjacents aux centrales rachetées, ce qui donnera un avantage compétitif à EDF, les terrains qui seront cédés étant beaucoup moins propices à la construction rapide d’EPR. Mais cela ne peut justifier un tel prix, ni expliquer pourquoi EDF a augmenté son offre d’achat en cours de discussion alors qu’EDF était seule en lice, que le gouvernement britannique ne cessait de dire qu’il souhaitait que les actionnaires privés acceptent la proposition d’EDF…et que pointait la crise boursière. British Energy sera donc la seule entreprise énergétique mondiale à ne pas avoir été affectée par la crise économique… tout cela grâce à EDF ! Il est, en effet, à souligner que pendant qu’EDF a perdu en Bourse près de 50% depuis le 1er janvier, British Energy a été, pour sa part, acheté 35% de plus que sa valeur moyenne sur trois mois au moment où le gouvernement anglais a décidé de vendre sa participation! Une vraie bonne affaire pour ses actionnaires ! Il faut, enfin, savoir que la valorisation de British Energy repose principalement sur des hypothèses de hausses de tarifs en Grande Bretagne extrêmement conséquentes dont il n’est pas certain qu’elles se réaliseront compte tenu de la crise économique. Cela pose en tout état de cause un problème de positionnement pour EDF mais aussi pour notre pays: va t-on pouvoir défendre longtemps en France des tarifs réglementés parmi les plus faibles d’Europe en raison du nucléaire et aller outre-manche en investissant également sur du nucléaire mais en tablant sur des tarifs de plus en plus hauts, qui sont eux-mêmes calés dans ce pays sur les prix des combustibles fossiles (gaz notamment) ?